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grazie a Valentina delle Officine della stampa Bologna per le fotografie!

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Ceci n’est pas un reportage

Ceci n’est pas un reportage. Ce n’est surtout pas du journalisme.

( Le but n’est pas de faire de la divulgation: on ne fait pas ça pour montrer comment sont les marchés là bas. )

Si jamais on était parties pour montrer comment est le théâtre là bas. C’était notre idée au départ, mais au bout d’un moment on s’est retrouvées ingurgitées, absorbées, irrémédiablement impliquées dans les histoires de cette communauté que nous nous sommes vite rendues compte que ça nous aurait été impossible de faire un reportage.

Donc, ceci n’est surtout pas un reportage.

C’est plutôt une plongée dans une intimité autre que celle qu’on a connu jusqu’ici. C’est comme ça que nous avons appris comment les peuples donnent des noms différents aux mêmes choses qui agitent leurs consciences. 

di ritorno da Bologna

Si è conclusa domenica la mostra “Non so come sono finita lì – raccolta di impressioni” sotto una nevicata memorabile a Bologna.

Il festival internazionale del fumetto Bil Bol Bul ci ha accolte nonostante il fatto che quello che facciamo non sia propriamente del fumetto. Abbiamo esposto in una piccola e nuovissima stamperia, che ci ha offerto esattamente l’atmosfera giusta per presentare il nostro lavoro. Lo spazio era raccolto, la luce soffusa, l’odore di inchiostro calcografico ancora nell’aria e il torchio e i materiali da incisione erano lì a ricordare come è stato possibile estrarre le immagini dalle lastre.

In mostra c’erano una trentina di stampe assieme al testo integrale in italiano di Michela, con l’aggiunta di una piccola parte di audio in francese per cui Lamine Diarra ci ha gentilmente prestato la voce.

E questa è una recensione sul sito del Bil Bol Bul.

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De retour de Bologna

L’exposition “Non so come sono finita lì – raccolta di impressioni” s’est terminé ce dimanche sous la neige à Bologna.

Le festival international de la bande dessinée nous a accueillies malgré le fait que ce que nous faisons n’est pas du tout de l’ordre de la bande dessinée. Nous avons exposé dans une petite et toute nouvelle imprimerie, qui nous a offert exactement l’ambiance qu’il fallait pour présenter notre travail. L’espace était assez intime, la lumière chaude, l’odeur d’encre dans l’air et la presse et les matériaux de gravure étaient là pour nous rappeler comment les images ont été tirées des plaques.

Nous avons exposé une trentaine de gravures et le texte intégral de Michela en italien, avec en plus un petit extrait audio en français, pour lequel Lamine Diarra a bien voulu nous prêter sa voix.

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Répétitions

Je me rappelle d’un soir où j’ai assisté à une vingtaine de minutes au noir total ( pendant une coupure ). Des bouts de phrases s’accrochent à ma conscience: “Qu’est qu’un homme hors di cœur, hors du sexe de sa femme?” “Ce sont des phrases très fortes tu ne peux pas ne pas le retenir!” me dit Bonsa. Voir le spectacle du début à la fin à été émouvant, quelque chose de puissant. En tout cas “Ce que nous faisons ne laisse pas indifférent”.

Le théâtre ici est nourri par une force de vie énorme, toutes les histoires qui sont là et qui n’attendent que de sortir. Le théâtre c’est une machine à laver pour les sentiments. Le théâtre sert pour donner un nom aux choses. Le théâtre c’est mentir pour dire le vrai, ça parle de vous ( littéralement, de chacun de ses comédiens et de ses auteurs ) mais en même temps j’ai l’impression que ça parle de moi.

“De quoi vous parlerais-je si ce n’est ce qui agite en cet instant même vos âmes?” dit le prophète pendant les répétitions de la compagnie camerounaise. “Vous cherchez à savoir ce que vous avez déjà dans vous.” me dit Khalil Gibran, à travers la bouche d’un comédien.

post-post n.5

Dell’esperienza lavorativa nei vari post non ho parlato molto. Quindi copio qui un compitino che consegno anche oggi a scuola…

stage de scénographie / dans le cadre de la 7eme edition du Festival Récréâtrales / septembre – novembre 2012 / Ouagadougou, Burkina Faso

petite analyse de l’expérience

Retrousser ses manches !

Partir pour un stage de scénographie de deux mois et demi à Ouagadougou a été une expérience très intense. Je me suis retrouvée à l’improviste dans une réalité tellement lointaine de la mienne que mon système de références pour comprendre le monde ne tenait plus debout. Tous mes sens étaient tellement excités par les nouveautés qui m’entouraient et le travail à faire, que s’ouvrir à la connaissance de ce monde étrange et développer des nouvelles clés de lecture a parfois représenté un vrai défi.

J’ai atterri à Ouagadougou dans la nuit et dans la drache tropicale. Le soir du jour suivant, la première réunion de travail a eu lieu. Le lendemain nous avons démarré à plein rythme. La journée de travail commençait à 9h (et à 8 heures quand on s’est rapproché du festival) et elle terminait soudainement au tomber de la nuit à 18h30 (vers la fin du stage, par le manque de temps, nous avons appris à nous débrouiller dans le noir. Le dernier mur que j’ai peint en bleu avec mes camarades était sous la lumière d’un projecteur gentiment soutenu par des bras galants). Nos vies suivaient le mouvement de l’astre solaire, et cela imposait une pause avec sieste au milieu de la journée, quand la chaleur atteignait son pic maximal. Le premier mois de notre séjour coïncidait avec le dernier mois de la saison des pluies, et le travail dépendait beaucoup du ciel : vu que tout se déroulait à l’extérieur, l’eau nous obligeait à mettre les décors à l’abri et à travailler plus lentement.

Suivant ce rythme serré, nos journées se sont déroulé l’une après l’autre dans la même rue de terre rouge à Gounghin, quartier populaire où le festival a eu lieu et que nous avons petit à petit appris à connaître.

Le festival

avait principalement lieu dans cette rue. Depuis la rue, nous accédions aux salles de spectacle en plein air qui investissaient les cours de certaines maisons et d’une école. Cet aménagement était le résultat d’un processus de médiation qui a eu lieu entre les organisateurs du festival et le quartier dès 2002. Ceci a permis au théâtre de rentrer dans les espaces intimes des familles. D’une édition à l’autre, une interdépendance entre le festival et le quartier a été créée. Une grande partie du décor que nous avons construit – comme des hangars pour se protéger du soleil – a été faite en vue de pouvoir ensuite être réemployée pour la vie de tous les jours.

Le partage du travail.

La plus grande nouveauté au niveau de la distribution du travail était le nombre de personnes avec qui il fallait partager les tâches. Dans le collège de scénographes nous étions à 34, et l’espace et la quantité d’outils étaient limités. Au début en particulier, pour ne pas risquer de passer la journée à regarder les autres travailler, il était nécessaire de s’imposer, mais toujours dans le respect de l’autre, chez qui nous venions d’arriver pour apprendre le métier. Trouver sa place dans cette nouvelle chorégraphie de corps qui travaillent ensemble a été une expérience très fascinante ; surtout dans une situation de travail très peu mécanisée où le corps assume une importance différente. J’ai mélangé de la peinture avec mes mains, et j’ai préparé du ciment directement sur le sol, tout cela à une température moyenne de 38°C. J’ai compris l’importance de prendre soin de son propre corps, de se souhaiter la bonne santé l’un l’autre, jour après jour, et de savoir dépendre des autres. Quand la proximité de l’autre devient nécessaire à la vie, la notion d’individu est remise en cause.

Le travail s’effectuait surtout à l’Académie, qui n’était pas une école mais un atelier de construction, qui était dirigé par un scénographe français et deux assistants. En arrivant, cette disposition m’avait étonnée. Mais notre arrivée tombait dans les phases finales de préparation du festival et j’ai vite compris que pour travailler dans un chantier qui a déjà été lancé il faut se mettre à l’écoute et apprendre sur le tas. Il était néanmoins un peu frustrant de devoir rendre concrètes des idées et des projets discutés et approuvés avant que nous arrivions.

Le collège de scénographes s’est occupé de la construction des décors pour les pièces de théâtre qui ont été représentées, et du projet de décoration de la rue suivant une maquette qui avait été assemblée quelques mois avant. Récréâtrales est en fait un festival qui dure une année entière, divisé en phases différentes (de Recherche, de Création et de Diffusion).

Les phases du travail.

Au début nous avons tous travaillé ensemble pour construire les scènes dans le cadre de la co-production avec le Théâtre National de Bruxelles pour le spectacle Songe d’une nuit d’été. Il s’agissait de la pièce qui exigeait le plus de travail. C’était l’occasion de pouvoir se connaître entre nous ; les compagnies des créations ont débarqué quelques semaines plus tard. La longue partie de ce travail a été de « matièrer » des faux murs de parpaings avec du papier mâché mélangé avec du ciment.

Pendant la deuxième phase, le travail été réparti en deux types d’activités. La première nécessitait encore de la participation de tout le monde : il s’agissait du montage et de la mise en place des lieux de spectacle. Les scénographes burkinabés avaient construit un système de plateau et de gradins en modules en fer et contreplaqué, ce qui permettait une grande liberté d’aménagement. Lors du montage et démontage de ces structures nous ressemblions à une colonie de fourmis qui travaillions à la chaine, avec des petit sous-groupes très efficaces, aidés d’un petit camion remorqué.

En parallèle nous avons entamé le travail sur les scénographies des différents spectacles. J’ai travaillé avec Farouk sur le spectacle tchadien Sarzan Sou IV. A la suite d’innombrables aller-retours entre l’atelier et le plateau, nous avons fabriqué, inventé et trouvé une dizaine d’accessoires. J’ai beaucoup appris en observant Farouk communiquer avec ses collaborateurs – le metteur en scène, le scénographe précédent qui nous a passé le relai – sans jamais perdre ni son calme ni son rythme.

Quand le debut du festival s’est révélé imminent, nous avons, enfin, et un peu dans la panique, abordé le travail du décor de la rue. En premier lieu nous avons du rendre réels les rêves de la maquette en calculant des devis. Le budget disponible était très limité pour une rue longue d’un kilomètre et large de dix mètres. Après deux jours de calculs et de stratégies de réduction des couts nous avons été informés que notre budget était diminué de moitié. Cette phase à constitué un exercice très difficile à deux niveaux : pratique, évidemment, et mental aussi. Avant de commencer le travail nous avions placé nos espoirs de créativité dans ce dernier décor, et deux mois après le débout du travail, nous nous sentions un peu fatigués. Une difficulté ultérieure était le manque d’outils. Nous ne disposions que d’une grande échelle et la plupart des matériaux devait être accrochés en hauteur.

Heureusement pendant le festival en lui même nos tâches ont diminué. Nous avons pu bien profiter des spectacles que nous avions contribué à mettre en place, ainsi que de la musique, de l’ambiance festive. Nous avons pu retrouver les forces nécessaires pour la dernière phase de travail, juste avant de rentrer, celle du démontage et du rangement.

D’un des pays le plus pauvres au monde.

Si je pense aux conditions de travail et au résultat que nous avons obtenu, je repense à Ingmar Bergman quand il disait que le théâtre n’est qu’une rencontre entre personnes, et que tout le reste ne sert qu’à embrouiller les idées.